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  • : Misty
  • : Femme
  • : 13/05/1981
  • : Paris
  • : Paris cinéma voyages lecture passionnée
  • : Je suis une fille qui aime passer du temps dans sa cuisine, mais quand je n'y suis pas, je me promène dans le monde, ou vais le voir de ma salle de ciné. J'aime aussi faire de la couture, bouquiner et embrasser mon homme.

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Ecritoire...

Lundi 8 mai 2006 1 08 /05 /2006 20:55

Nouvelle rubrique

J'aime lire, mais j'apprécie aussi beaucoup écrire. Je souhaite donc d'abord vous proposer un petit texte écr.it suivant une consigne : utiliser ces mots : Docteur-alice-journée pluvieuse-espace intersidéral- Victor Hugo :

 

Victor retrouva Alice chez le docteur, comme prévu. Cela faisait maintenant quelques mois qu’ils essayaient d’avoir un enfant, et cette fois semblait la bonne.

Tout tremblant à l’idée que la nouvelle fut enfin positive, il arriva crispé au cabinet médical.

Alice, rayonnante sentait, elle que c’était enfin la bonne. Elle en était sûre, cette fois, elle était enceinte.

 

Le médecin fit une prise de sang, rassura le possible futur père pour calmer sa nervosité et leur parla des précaution à prendre pour permettre au futur bébé de se développer au mieux dans le ventre de sa mère.

 

Soudés l’un à l’autre par leurs mains enlacés, le jeune couple sortie donc fébrile. Les résultats étaient pour le lendemain.

 

La journée avait été pluvieuse mais la fin de semaine s’annonçait plaisante. Harassés tous deux par le stress, il décidèrent de rentrer chez eux pour se faire un bon repas et se coucher tôt. Le samedi serait calme, et dès la réception des résultats ils appelleraient leurs parents avant de prendre la route pour les montagnes toutes proches.

 

La voiture roulait à vive allure, une nouvelle averse venait d’assombrir le ciel, faisant comme un rideau les isolant du monde. Le moteur ronronnait, une douce chaleur les tenait au fond de leur siège, et la station de radio sans publicité comblait un silence serein.

La route se poursuivi de longues minutes.

Victor, attentif, se tourna soudain vers Alice comme pour quérir son approbation. Mais la jeune femme dormait.

Il replaça son regard sur la route pour prendre une énième fois le même virage suivi de la même ligne droite, bordée des mêmes arbres… Comme si à son insu le paysage c’était mis en boucle.

De plus en plus surpris, il fini par doucement poser sa main sur le bras de sa femme. Dans un sommeil paisible mais léger, elle se réveilla rapidement.

« Peux-tu regarder la route avec moi et me dire si toi aussi tu la trouves bizarre ? »

Surprise, elle fixa son attention sur le paysage qui se laissait dessiner à travers les trombes d’eau. Et après une dizaine de minutes pendant lesquelles le silence était devenu assourdissant malgré la musique, elle le regarda. Son front était plissé et sa bouche pincée. Toute la douceur présente sur son visage depuis le début de la journée avait disparu.

 

Décidant d’en avoir le cœur net, il avisa un bas côté praticable et arrêta la voiture. Se tournant sur son siège pour attraper sa veste, il jeta un œil par le pare-brise arrière et se stoppa net dans sa contorsion. Opaque, tout était opaque, sans visibilité, comme enfermé dans un garage avec la lumière d’une journée de pluie.

Surprise de son arrêt Alice se tourna à son tour et s’accrocha à lui de surprise. Que leur arrivait-il ? Que se passait-il ?

 

Attrapant à son tour son manteau, elle l’embrassa sur la tempe et lui intima de sortir avec lui. Elle courut, fit le tour de la voiture et se colla contre lui. Ni devant eux, ni derrière eux, ni nulle part. Il n’y avait plus rien. La voiture, et eux.

Ils firent quelques pas s’éloignant de la voiture mais y revinrent rapidement : à mesure de son éloignement, elle disparaissait. Comme si à chaque mètre qu’ils faisaient, elle en faisait autant de son côté.

Affolés, ils remontèrent en voiture. Les portent fermées, ils se blottirent l’un contre l’autre autant que ce fut possible avec le levier de vitesse entre eux.

Regardant de nouveau autour d’eux, ils se retrouvèrent comme isolés. La route était devenue invisible et « l’extérieur » avait disparu.

 

La musique fut comme en diapason avec la situation et un tango étira ses plaintes. Chaque musique, aussi mélancolique qu’elle soit, rendait la situation plutôt réaliste et détendu.

Les nerfs de chacun d’eux se relâchèrent enfin.

Comme dans une dimension parallèle, la réalité avait changé, et petit à petit la lumière réapparue, l’opacité, disparue pour laisser place à un soleil naissant.

 

Rythmé, le tango était comme un rideau révélant doucement un nouveau paysage.

La voiture faisait face à la mer, garée avant le sable, la plage s’étendait devant eux.

 

Surpris et souriant, ils sortirent enfin de voiture. Ils y laissèrent leur manteau et quittèrent rapidement leurs chaussures près des roues.

 

Victor pris la main d’Alice et doucement gagnèrent les vaguelettes sur le bord.

Ne se souciant pas de leur pantalons ils marchèrent, l’eau jusqu’aux genoux, se dirigeant vers un ponton lointain.

La musique tango continuait tout naturellement à les accompagner.

 

Après quelques minutes, ils remontèrent la plage en direction de serviettes sur le sable. Au milieu était un panier rempli de victuailles. Affamé d’un coup, ils sortirent les provisions et concoctèrent un pique-nique improvisé. Se délectant de mets inconnu mais si familiers à la fois, comme des amoureux qu’ils étaient, ils se firent manger l’un l’autre, ils se léchaient le coin de la bouche, s’embrassait la bouche pleine et surtout riaient de bon cœur.

Le festin achevé ils sortirent une belle et grande couverture du panier qui semblait sans fond et s’y couchèrent, enlacés. Le soleil se couchait maintenant.

Le tango plus discret était toujours dans l’air. Une légère brise vint les ébouriffer. Et le soleil continuant sa course inexorable vers une chute finale, ils s’endormirent.

 

A leur réveil, la lune brillait haut, l’air était toujours chaud et l’eau éclatait de mille et un scintillement.

Ils se retournèrent et retrouvèrent leur voiture. Tout naturellement ils reprirent une route jamais empruntée, et le tango redevint petit à petit la radio.

Et comme dans un songe le paysage maritime redevint la route de campagne, avec ses virages et ses lignes droites longées d’arbres.

 

Arrivés chez eux, ils stoppèrent la voiture devant la maison et Victor éteint le moteur.

Doucement il se tourna vers Alice et chercha dans son regard le reflet des moments passés. Les yeux bleus de la jeune femme lui renvoyaient la réponse qu’il cherchait.

 

Ils avaient fait un voyage inconnu, et surtout, ils savaient d’où cela leur venait.

Leur bébé les avait guidé sur la voie. Il serait là bientôt, et c’est dans cet espace intersidérale qu’il lui avait donné tout l’amour et la force dont il avait besoin pour exister réellement.

 

Par Misty - Publié dans : Ecritoire...
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Mercredi 10 mai 2006 3 10 /05 /2006 01:13

Ce soir, suite à une nouvelle offre de mots d'une amie, je me suis lancée...

 

sorcière- CD-meurtre-17°siècle

 

Elsa aimait qu’on lui raconte des histoires. Alors pour elle, lire, c’était sa vie.

Mais un jour, Elsa a perdu sa vue.

Depuis Elsa a décidé, que les histoires, elle en aurait encore.

 

Ce matin, elle commence la journée par la radio. C’est simple et puis elle peut la laisser lui raconter des histoires pendant des heures sans qu’elle s’en occupe.

Elle se met dans son canapé et s’allonge doucement en écoutant.

 

Le carillon sonne. Il est l’heure, son taxi vient la chercher.

Comme chaque matin, à 8 heures, sa cousine vient la prendre en voiture pour aller ensemble travailler. Oui, Elsa a cette chance, que depuis son accident, elle a découvert qu’elle avait des mains et des oreilles.

On ne le sait parfois pas assez, mais quand on a toutes ses capacités, on est très gâté.

 

Alors Elsa travaille de ses mains, avec un peu d’aide de ses oreilles.

Au début, elle aider à mettre les légumes en cageot. Elle faisait partie d’une chaîne. Avant elle, une jeune femme triait les tomates et les courgettes, et son tour venu, Elsa les rangeait doucement et correctement dans la cagette.

Mais elle avait aussi une passion. La couture, la broderie… alors au-delà de la lecture c’était une plus grande partie de sa vie qui s’envolait, car à l’époque ça devait aussi devenir son travail !

 

Mais Elsa est tenace et ne veux renoncer à rien. Alors, doucement, avec l’aide de sa cousine, elle a repris la couture, elle a posé ses mains sur la machine à coudre et a découvert son anatomie. Elle a apprit à l’entendre gémir, à sourire ou à crier. Elle a appris à sentir le fil sous ses doigts, ou à caresser le tissu doucement piqué.

Chaque étoffe, chaque voilage a pris une nouvelle vie sous ses doigts. Chaque grain de matière est venu donner son identité pour l’aider à créer.

Les couleurs se sont envolées, mais Elsa a décidé de ne faire que du blanc, comme un pied de nez au noir de sa vie.

Sa cousine, fidèle, la seconde. Chaque fois, c’est elle qui l’accompagne pour acheter les matières, toujours le même blanc, mais jamais le même fil, jamais les mêmes boutons, ni le même ruban. Car pour donner de la vie à ce blanc si pur, elle laisse sa cousine mettre une goutte de couleur, de fantaisie. Cette fantaisie visible de l’œil seul, c’est un ruban, jamais blanc.

 

Depuis, Elsa ravit l’œil, elle qui n’en a plus. Mais Elsa, même sans la vu, a toujours une vie belle. Et aujourd’hui dans ses oreilles, elle a une histoire.

 

Sur un CD, une belle voix grave lui conte l’histoire d’une sorcière du 17ème que l’on accusa de meurtre. De meurtre ?? Mais oui, voyons, cette femme est une sorcière, que voulez-vous ? Elle seule a pu tuer cet homme !

Cette jeune femme, sorcière, a perdu la vue lors du voyage qui l’a mené dans la vieille Angleterre vers la nouvelle Amérique. La mauvaise alimentation, la cale sale, la maladie et la tristesse ont tant affaibli l’enfant, qu’elle en perdit la vue. Mais le pied posé sur le sol nouveau, elle décida que survivante elle était, et que vivante elle serait.

 

On la mena vers le village le plus proche. On essaya de la placer, mais chacun voyant ses yeux plein de pu et vitreux, l’évita. Al la fin de la journée elle fut la seule à rester, assise dans un coin de la place, instinctivement nichée contre la porte de l’Eglise.

Marie-Jeanne, qui passait là chaque soir pour sa prière de 7 heures, vint à passer et aperçu la jeune aveugle. Doucement elle se pencha. Lui caressant la joue elle vit ses yeux sans vie et malgré tout si tristes mais révoltés.

Sa main agrippa celle de Marie-Jeanne, et Beth su qu’elle avait trouvé une main amie. Dans un souffle et quelques mots, les deux femmes trouvèrent une âme amie.

Et malgré son âge, Marie-Jeanne porta presque la grande Beth sur son épaule pour la ramener chez elle.

 

Marie-Jeanne faisait le linge pour un grand nombre de famille. Elle ne le lavait pas, non, elle faisait les trousseaux pour les sottes riches qui ne savaient pas coudre correctement, si riche que rien ne les dérangeait d’aller payer une femme pour le faire à leur place.

 

Maire-Jeanne fit asseoir Beth près du feu et avec un linge chaud et humide lui lava les yeux. De sa grande armoire, elle tira un petit pot rempli d’un onguent jaune miel, qu’elle lui posa sur les yeux.

Apaisée, Beth s’endormi rapidement. Elle venait de trouver un havre.

Vous voudriez une suite ??

 

Par Misty - Publié dans : Ecritoire...
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